C’est arrivé le 16 novembre 1999 !
Roland était assis dans le salon.
Soudain il s’est mis à crier : « Dingue ! Dingue ! Dingue ! »
Il venait de subir un accident vasculaire cérébral.
Avant cette date, Roland travaillait sur l’écriture d’un roman dont plusieurs chapitres étaient déjà terminés.
Devenu aphasique et en dépit d’énormes difficultés, il décide de continuer ce projet, encouragé par son orthophoniste et
Jean Metellus, son neurologue linguiste et poète Haïtien. Ainsi, chaque jour, il s’acharne à retrouver la maîtrise des mots, à les transformer en empruntant d’autres chemins labyrinthiques dans
son cerveau qu’il triture sans ménagement, à les « réarmaturer » pour construire de nouvelles phrases aux sonorités et rythmiques étonnantes, jusqu’à inventer enfin un « pseudo langage ».
Réflexion :
En dehors de son caractère de témoignage – plutôt rare venant d’une personne atteinte d’une aphasie de Broca – ce texte
constitue une authentique réflexion sur la nature et l’origine même du langage, sur la structuration de la pensée par les mots, sur les circuits indispensables entre concepts et vocables.
L’auteur nous montre ainsi comment il réapprend à écrire parfois au rythme des babillements de ses petits enfants et réaborde la complexité structurelle du langage tout en détournant les
difficultés par la création et par la réappropriation des mots.
Parallèlement à la leçon de vie, de courage et d'obstination que ce livre contient, il représente la preuve de la nécessité
de cultiver sa propre langue, d'en élargir le champ, d'en comprendre et d'en utiliser les mécanismes.
Il apparaît dès lors que ce livre pourrait non seulement être bénéfique aux lecteurs de tous horizons, mais également aux
enseignants, aux collégiens et aux lycéens qui se demandent souvent pourquoi s’échiner sur des exercices de grammaire, de syntaxe et de vocabulaire.